Il y a des objets qui semblent défier leur époque. Des créations qui, au premier regard, donnent l’impression d’avoir fait un bond dans le temps pour atterrir sous nos yeux. C’est exactement le sentiment que procure la dernière collaboration entre le constructeur français DAB Motors et le préparateur allemand Brabus.
Le résultat est une moto électrique au design si singulier qu’elle ressemble plus à un concept-bike échappé d’un salon qu’à une machine de série.
Pourtant, elle est bien réelle. Oubliez les codes traditionnels de la moto, faits de chrome, de mécanique apparente et de nostalgie. Ici, nous entrons au sein d’un écosystème où le design, la performance urbaine et le luxe redéfinissent les règles du jeu.
Ensemble, nous allons décortiquer cette machine hors du commun pour comprendre ce qu’elle nous dit sur l’avenir de la mobilité à deux-roues.
Une alliance inattendue pour un résultat unique
Pour saisir la spécificité de cette moto, il faut d’abord comprendre les deux forces en présence. D’un côté, un artisan du design, de l’autre, un maître de la démesure. Leur rencontre ne pouvait donner qu’un résultat explosif.
DAB Motors, l’artisanat du design
DAB Motors n’a jamais été un constructeur comme les autres. Née de la scène custom, l’entreprise française s’est forgé une réputation en créant des motos en séries très limitées, où chaque détail est fini à la main. Leurs machines s’apparentent davantage à des objets de design qu’à des véhicules de masse.
Leur approche unique consiste à collaborer avec des acteurs extérieurs à l’industrie motocycliste, comme des créateurs de mode, des architectes ou des designers industriels. Cette philosophie leur permet de se démarquer dans une industrie souvent attachée à son héritage.
Brabus, la démesure assumée
Si vous vous intéressez un peu à l’automobile, le nom de Brabus vous est forcément familier. Depuis des décennies, ce préparateur allemand prend des voitures de luxe déjà très performantes et les pousse dans leurs derniers retranchements. Plus de puissance, plus de charisme, plus d’audace.
Brabus a bâti sa légende en transformant l’élégance discrète en une affirmation de soi tapageuse, qui ne laisse personne indifférent. Après avoir rendu la déjà démoniaque KTM 1390 Super Duke encore plus folle, leur association avec DAB Motors promettait d’être tout sauf subtile.
Sous le design, une fiche technique solide
Si l’esthétique de la DAB 1α Brabus attire d’emblée, il serait erroné de la réduire à sa seule beauté. Sous ses lignes épurées se cache une technologie pensée pour la ville, avec des performances réelles et un équipement de pointe.
La motorisation électrique : performances et autonomie
La moto est construite sur la plateforme 1α de DAB, une architecture compacte déjà récompensée pour son design.
Elle est animée par :
- Un système de 72 volts.
- Une batterie de 7,1 kWh, offrant une autonomie allant jusqu’à 150 kilomètres en ville.
- Une vitesse de pointe bridée à 120 km/h, confirmant son terrain de jeu de prédilection : le milieu urbain.
La recharge se veut simple et rapide :
- Environ 1h30 pour passer de 50 à 100 %.
- Moins de 4 heures pour une charge complète sur une prise standard ou une borne Type 2.
Le couple, l’atout majeur de l’électrique
Là où les chiffres deviennent vraiment intéressants, l’attention réside au niveau de la puissance. La version de base développe 31 chevaux, tandis que le modèle « Brabus Urban E » monte à 37 chevaux grâce à une cartographie moteur et un onduleur révisés. Mais la valeur qui impressionne le plus est le couple : jusqu’à 475 Nm revendiqués à la roue sur la version la plus performante.
Cette valeur peut paraître démesurée, mais elle illustre parfaitement l’avantage des moteurs électriques : une réponse instantanée. En ville, cette caractéristique se traduit par des accélérations foudroyantes et une réactivité hors du commun.
C’est vif, immédiat, et probablement un peu excessif, mais tellement jouissif.
Un châssis à la hauteur des attentes
Pour accompagner ces performances, la partie cycle n’a pas été négligée. On retrouve des composants de grande qualité, dignes d’une moto premium. La suspension est assurée par une fourche inversée de 46 mm à l’avant et un amortisseur arrière sur mesure.
Le freinage est confié à Brembo, avec un étrier à quatre pistons qui mord un disque de 320 mm. Il s’agit d’un équipement de vraie moto, pas simplement un habillage pour faire joli.
Plus qu’une moto, un objet de design
Performante et bien équipée, certes, mais repassons à ce qui fait la spécificité de cette moto : son apparence. Le design n’est pas un simple enrobage, il constitue l’axe central de sa conception.
Le parti pris du monochrome
La caractéristique la plus audacieuse de la DAB 1α Brabus est son traitement des couleurs. Les finitions entièrement monochromes, notamment dans des tons pastel, ne cherchent pas à mettre en valeur la mécanique. Au contraire, elles visent à unifier la moto en un seul bloc visuel.
Les jantes, le cadre, la carrosserie et même les plus petits composants se fondent dans une forme continue. On se rapproche plus du design de produit que du style moto traditionnel. On n’est pas censé analyser chaque pièce, mais réagir à l’objet dans son ensemble.
L’influence du luxe moderne
Cette approche prend tout son sens quand on observe les tendances actuelles du luxe. De nombreux acheteurs haut de gamme recherchent des objets immédiatement reconnaissables, qui se démarquent et donnent une impression d’exclusivité. Dans cet environnement, une moto électrique monochrome devient une déclaration de style.
C’est pourquoi on retrouve des détails en fibre de carbone, des écopes sculptées et cette posture agressive typique de Brabus, superposés sur la base épurée de DAB.
Un aperçu de la moto urbaine de demain ?
Pendant des années, le débat sur les motos électriques s’est focalisé sur l’autonomie, la recharge et leur capacité à remplacer les moteurs thermiques. Ces questions restent pertinentes, mais des projets comme celui-ci ouvrent une nouvelle voie. Plutôt que d’essayer de copier le passé, ils redéfinissent ce que peut être une moto en milieu urbain : moins un outil pour les longues distances, plus un objet de présence, d’expérience utilisateur et de style de vie.
Soyons honnêtes, avec un tarif qui dépasse les 20 800 € (environ 22 320 €) hors taxes pour la version Urban E, cette moto ne s’adresse pas au motard moyen.
Nous pourrions ainsi observer :
- Des designs plus épurés
- De meilleures performances en ville
- Une plus grande attention portée à l’expérience globale
Que vous adoriez ou détestiez ses couleurs, DAB et Brabus ont réussi une chose : capter l’attention. Et au sein du marché bouillonnant de la mobilité urbaine, retenir le regard est peut-être aussi essentiel que la prochaine avancée technologique. Et vous, que pensez-vous de cette approche radicale ?